les cahiers de Doléances

 

*15 Mars 1789 : cahiers de doléances de la  commune de Bouchon   (B 316)

( l’orthographe, la ponctuation ont été volontairement respectés)

Cahier de doléances, plaintes et remontrances, que les habitants, corps et communauté de la paroisse de St Pierre de Bouchon, élections de Doullent, généralité du baillage d’Amiens, donnent pouvoir à leurs deux députés (Antoine Longuet.Antoine Lejeune) de présenter à l’assemblée préliminaire et générale du baillage d’Amiens, fixée au 23 mars 1789, suivant l’ordonnance du Roy, et celle de M. le lieutenant général au baillage d’Amiens, signiffée à la susditte paroisse par exploit de louis-André Hébert, huissier royal, demeurant à Amiens en datte du 10 Mars 1789.

Touts états monarchique ne peut reconnoître q’un souveraint ; il ne doit donc y avoir qu’une loy en France. La raison qui prescrit à l’homme ses devoirs, lui démontre la nécessité du respect, l’obéissance, de l’atachement et de l’amour pour son supérieur légitime. L’homme éclairé de cette raison ne peut retenir ne doit se servire de sa lumière que pour rendre à çaisar ce qui apartient à çaisar, à un prince, à un monarque qui nous gouverne avec autent de bonté et d’amour que de sagesse.

Voilà ce que dicte la raison, et dans les circonstance présente spécialement, l’homme dont les sentiment seroient contraire, ce marqueroient au coin de plus monstrueuse ingratitude. Est-il un sujet dans notre monarchie qui ne soit forcé à un amour filiale pour son Roy ? Ce monarque, toujour remplie de cette lumière que lui fournit la plus saine raison aidée de la religion, toujour conduit, entréné même par cette bonté envers ses sujets et ce fond inépuisables de bonté, d’amour, il ce trouve dans ce cœur véritablement paternel ; joyeux s’il aprend le bonheur, la satisfaction de ses sujets; afligé si leur misère pénètre jusqu’à son trône. Il la apprit cette misère. Avec quel diligence, avec quel empressement, il appelle des extrimités de son royaume ses sujets, il aime tendrement, pour traiter avec eux des moyens propres à les consoler à les soulager, à faire leurs bonheurs. Qu’on jette les yeux sur ces édits multipliées, il présentent la conviction de cette vérité.

Appelés pour concourire à la tranquilité de sa majesté, aux bonheurs des peuples, avec cette confiance, cette liberté que nous donne à ce sujet, voissy la base de nos doléances, de nos plaintes, de nos moyens pour entrer dans les vues et remplir les veux de sa Majesté.

L’état est composé de trois ordres: le clergé, la noblesse et le tiers états; deux de ses ordres jouissent de toutes prérogativent, distinction, reng, honneur, avantagent, et notament que peuve accorder le plus florissant royaume. La couronne doit être soutenue: c’est le principe fondamental  des Etats généraux ; et leur objet. Sa Majesté l’atend, elle exige à juste titres de ses sujets. Maintenant, qui doit soutenir la couronne? Serait-ce le tiers états? Mais l’idée de sujets considéré génériquement présente-t-elle la distinction, entre les individus de l’état ; quant aux charges ? Attention ! nous respectons trop le sang royal pour le comprendre dans cette expression. Le clairgé, la noblesse admettent cette distinction, au tiers état seul est donc réservé d’être chargé  de tous les besoins de l’état, de tous les impôts. Le tiers état naît donc malheureux, mais peut-il naître ainsy, sous le plus juste, le plus tendre et meilleur des roy . Erreurs ! L’humanité n’est qu’une, elle est la même dans tous les individus françois ; résonnement et principe généreux; il ne faut qu’une loy dans un état monarchique. De la réforme de toutes coutumes local--- A Sa Majesté seul est réservé de choisire celle qu’elle jugera la plus favorable à la couronne et aux peuples ; d’une seule loye doit suivre un seul impôt. Cet impôt ne peut être que l’impôt teritoriale, universellement répartie sur la noblesses, le clairgé, le tiers état, la destruction de toutes dixmes eclésiastiques et l’etablissement des pencions pour le clairgé, à raison de dix-huit cens livres par chaque curé des paroisse des campagnes ; suppression de casuelle ; établire des curés ou des vicaires en chefs dans les églises succursalles, des curés à biner, ainsy qu’un vicaire dans une paroisse de cent feux complet, etc. La députations du clergés aux états généraux doit inconstestablement êtres composé d’un tiers du clairgé du second ordre, et nous entendons par là les curés, contre deux tiers du clergés du premier ordre.

Pour répondre à l’intention de Sa Majesté ,il faut une unité dans les sentiments: pour cette unité, il est indispensablement nécessaire que les trois ordres qui composerons l’assemblé de la généralité d’Amiens n’aient qu’un seul cahiet, pour éviter toutes divisions. Pour ce, on prieroit Messieurs du clergé et de la noblesse de trouver bont que le tiers état s’assemblât avec eux de tems en tems, pour traiter d’une manière comune de cette important point. D’après cette exposé, nous allons faire nos représentations : 1° sur le clergé, 2° sur la noblesse, 3° sur les diférants manières de régir dans le royaume.

1° Le Clergé. - Tous les hommes sont les même par la création. De l’idée de la création, tous les individus d’un royaume sons sujets du royaume. Le clergé doit donc partager les charges de l’état, puisque tous ses membres sont sujets de l’Etats. Ce principe est incontestables chez quiconque raisonne. Un moyens sûr, qui doit être employé si l’on veut entrer dans l’intention de Sa Majesté qui est totalement dévoyé aux soulagement de sont peuple, est de détruire toutes les dixmes perçues par le clergés, créer des pensions proportionnément aux dignités et aux charges relatives aux fonctions ecclésiastiques: par cette destruction, on parviendrait facilement à établire cette loye génèrale qui est l’impôt territorialle en argent, pour former le trésor royal. De là le bonheur du peuple, par la diminution des charges et impôts, sous l’énorme poid desquelles il succombes. De cette impôt territorialle, il seroit également posé sur tous les biens du clergés sans exception. Quel grands avantages ne résulteroit pa pour tous le royaume ! En efet, de quelle   utilité sont à l’état une infinité de chapitres d’abayes, de comanderies, de communautés, prieurés et autres dont les revenue sont immances ? Rien ou peu de chose. Le tiers état ,qui, par l’institus, devroit être l’objet de l’aplication du superflut de ces biens ; bien loin d’éprouver la moindre faveur des bénéficiers de note, est au contraire trop souvent molesté, vexé, victimé même par la perceptions des droits deximeaux. Combien de chicanne, de procet fait tous les jours au tiers état par les receveurs de Messieurs les bénéficiers ? De là cette conséquence juste ,nécessaire ,l’abolition des dixmes, pour établir la paix entre les bénéficiers et le tiers état. En outre, sans cependant entrer dans aucun detaille, à quoy servent tant de communautés ? Ces maisons qui semblent exister que pour contenire, renfermer, presque toutes les richesses de la France, quelle secour en retire sa Majesté ? Quel profit, quel avantage en a le peuple ? Ne voit-t-ons pas tous les jours que des lieux qui doivent être des solitudes, on en faits des lieux de délices ? Combien de communautés, surtout lors qu’ils jouissent de la qualité seigneuriale, n’exerce pas sur leurs sujet l’empire le plus tirannique ? On oublis cette esprits primitifs, qui est un esprits de pauvreté, d’oraison, de pénitance, enfin, on renonce au monde, et on se croit êtres du monde même par état. Daigne sa Majesté honorer ses représentations de son attention. Elle conclura deux choses :l’une la destruction des dixmes ; l’autre la réforme, le retranchement, des communautés des religieux et religieuses ,dont les biens immances équivalent au moins au tiers de son royaume. Tel est absolument le vœu et le cri de la Nation. De le réforme de ces abus, qu’en résulteroit ? Le bien le plus grand, et pour Sa Majesté et pour ses sujets.

2° La noblesse quant à elle, nous demandons la supression des priviléges pécuniaires pour ceux qui en jouissent et dont la part des impositions publiques reflue sur le tiers état et l’escrase ,au point que par une excessive surcharge, la griculteurs et la griculture touchent à leur annéantissement. Laditte griculture vas devenire impossibles, parce que les impôts étandue, augmentés, multipliés, enlévent aux cultivateurs la moitié du nécessaire de leurs propres subsistances; on voit aujourd’huy des biens affermés au-dessut de leurs juste valeur, même par la meilleurs culture. Comment faira donc les cultivateurs pour fournir seul aux impôts et à ses aliments ? Il est donc de nécessité absolue de conclure à la supression des priviléges pécuniaire, en outre, de conclure à l’égalité d’impôts territorialle à suporter par les vrais nobles en communt avec le tiers état, selon la propriété foncière de chacunt d’eux, y comprit, haute et basse futay des bois, champart, sensive, rentes, etc.

Mais, dira-t-ons quelle hardiesse d’ôter aux vrais nobles leurs privilèges, leurs exemptions des impôts royaux ? laissons parler la justice et la vérité consigné dans le faste de l’histoire. Les nobles et fiéfés furent déclarés et tenue libres des impôts. Comment ? Parce qu’ils étoit chargés de fournire chacun leurs contingent de troupe toutes habillé toute équipés à la couronne. Or, aujourd’huy cette charge n’existe plus ; ses le Roy, qui forme les régiments,  les équipes à ses frais ; dont le noble, les fieffés ne suby plus la condition onéreuse de son exemption ; donc son exemption tombe et doit tomber. Aussi la plupart de ses Messieurs nobles de sentiment comme d’extractions, consentent-ils à l’impositions général et commune avec  le tiers état.

3° Les fermes du sel, du tabac, douanes, aides, sources d’esclavages, d’infortune, des guerres intestines, de haines et de meurtres entre les mêmes citoyents, principes de procets, ruines, ocasions de gennes, de maux et de calamité de toutes espèces, s’anoncent par elle-mêmes digne de toutes suppressions : le sel et le tabac libres, voilà une party du bien général de la nation française, voilà l’objet de ses vœux et de ses demandes instantes et respectueuse, au Roy et aux Etat Généraux : plus de douanes, si non aux extrémités du Royaume.

Suppression de la milice forcé et par sor, permission d’en hacheter au prit d’argent et de bonne volonté ; les sentiment de la nature alor ne serons plus offansé, ni la liberté captive. L’administration de la justice prompt et à moin de frais possible.

Supression de l’ymposition des corvé, ruineuses et accablantes pour les paroisse, remplacés par un péage aux ponts et aux entrés des bourgs et villes, pour que l’étranger comme le français, pay sa part des chemint qu’il usent et qu’il dégrades ; ycy vaut le proverbe : [Qui casse les vers les pay]

4° Impôts, capitation d’industrie pour les villes et bourgeois, selons leurs vivances.

Plaise au ciel que nos cris, surtout ce que nous venons de dire, sans aucune intention de choquer, d’offenser ni même manquer de respect à aucun corps, plaise au Seigneur que nos cris  et nos représentation, en dissipant les ténèbres des abu, puissent parvenire jusqu’au trône de Sa Majesté. Nous attendons de la bonté de son cœur toutes satisfaction. Daigne Sa Majesté agréer nos vœux , ils ne sont que pour la conservation de ses jour trop précieux, nos neveux les plus éloignés ne cesseront de publier ses bienfaits. Col et arétés au village de Bouchon le 15 mars 1789, et avons signés :

Longuet lieutenant, Hugue, Lejeune sindic de la municipallité, Louis Nortier, J Baptiste Longuet, J B Nortier, Pierre Tillier, J B Longuet, J Longuet, Wallet, Maximin Dumont F Wallet, Alloux, J B Longuet, Jean pierre Devauchelle, François Clerq, J B louis Nortier, J B Nortier

Procès-verbal

Comparants :Antoine Lejeune, Louis Nortier, François Caron, J B Nortier, J B Longuet, Pierre François Hugue, J B Longuet dit cadet, Joseph Longuet, Charles Antoine Tillier, François Le Clercq, François Wallet, J B Louis Nortier, Antoine Alloux, Louis François Wallet, J B Longuet dit l’ainé, Maximin Dumont, Charles Antoine Devauchelle, Jean Pierre Devauchelle, Pierre Tillier, Jean Caron

* Députés [délégués]: Antoine Longuet, Antoine Lejeune sont chargés de porter ce cahier à Amiens (à l’assemblée préliminaire et général du bailliage d’Amiens) ou furent choisis les députés du tiers aux états généraux, bientôt transformé en assemblée nationale constituante ; messieurs Douchet ; cultivateur au Hamel ; Lenglier ; marchand à Feuquiére, Florimond Leroux ancien maire d’Amiens  et Laurendeau avocat dans la même ville.

 

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