| Au XVIIIéme siècle, le meunier est un personnage incontournable. Il sait tout de la vie économique du village, de ses histoires; la nourriture de base sort de chez lui, c'est un personnage universellement haï, pas seulement à cause de sa mesure a double fond, qui est une pratique générale (le volume de farine qu'il livre est obligatoirement moindre que celui du blé qu'il reçoit); on lui reproche la pratique du "deux poids, deux mesures", car le client est à sa merci. De plus, les moulins à vent du plateau picard sont perchés sur les collines en prise aux vents dominants; souvent à l'écart des villages,tel qu'on les verra encore au XVIIIéme siècle sur les cartes Cassini. Et le moulin est bruyant. Les femmes répugnaient à s'y rendre isolément: il était facile d'abuser d'une femme peinant à nourrir sa nichée, ou d'une orpheline ayant à charge d'autres enfants plus petits. texte: M. Pierre Michelin, maire de Folleville; vice président des Antiquaires de Picardie |
| Au XVIIIéme siècle trois moulins déployaient leurs ailes au dessus de Bouchon. Sur le plan cadastral "dit napoleon" de 1835. Vers 1870, il ne reste qu'un seul moulin. Le dernier moulin dit "le moulin de pierre" s'est arrêté vers 1921. En 2003, il ne restequ'une ruine. |
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Etat des moulins de l'arrondissement d'Amiens, canton de Piquigny en 1809 (AD.A99.s 36.813) |
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justice de loix |
Nom de la commune | Nom des moutures Nom des tournants |
Qualité des moutures |
Poids des farines qu'ils peuvent faire chaque jour | Nom des lieux ou l'on tire les meules | ||||
A roues |
A vent | économique à la parisenne |
à la grosse seul bluteau
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à la lyonnaise sans bluteau | |||||
| Roues perpendiculaires | Roues horizontales | ||||||||
| bouchon | 2 | 2 | 587 |
la ferté sous jarre | |||||
| mouflers | 1 | 1 | |||||||
| Observations: - les moutures économiques ou à
la parisennes sont celles produites par les moulins dont le mécanisme et les agrés sont
disposés de manière à tirer le plus grand produit possible du bled. Ces moulins donnent
plusieurs sortent de farine dans une première opération, un bluteau séparé de la
farine, le gruau et le son dans une seconde, on fait remoudre le gruau trois fois et dans
le troisième on repasse le son et le gruau. - Les moutures à la grosse sont celles dont les moulins n'ont qu'un seul bluteau - celle à la lyonnaises sont celles dont les moulins se moudent qu'une seule fois sans bluteau |
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| * en 1807: 9 moulins à vent produisaient dans le canton de Piquigny 13.337 Kgs | |||||||||
le libre exercice de la meunerie s'établissant, on vit prolifer les moulins ( 4 à Villers sous Ailly, 3 à Bouchon) Les rendements étaient très divers et cela pour de multiples causes dont la plus importante est évidemment la plus où moins grande régularité des vents. Comment le meunier prenait-il livraison de son grain ? Jusqu'à la révolution pas de problème. le fermier montait au moulin et apportait sur place. Après la révolution, nombre de meuniers avaient conservés cette habitude, mais les nouveaux qui devaient se faire une clientèle, allaient prendre le grain à domicile. Il y avait aussi " les cache-marées" sorte de rabatteurs qui se faisaient un devoir d'apporter le plus de grains possible au meunier qui les employait. La concurrence était sévère et les cas de rixes entre " les cache-marées" étaient fréquents. (cache-marée nom donné aux employés qui prenait livraison du grain: vient du fait que le grain était mis non dans des sacs mais dans des mannes. Pour capter au mieux le vent et obtenir le meilleur rendement; le moulin à vent est construit au sommet d'une butte, d'une colline ou en haut d'une côte. Il existait deux types de moulins. 1°) le moulin 'en dur' brique ou pierre, qui n'est en fait que de la craie, de forme circulaire. Le toit couvert d'ardoises formant la pointe du cône, se déplace sur une jante en bois de pommier, réputé pour sa solidité. 2°) les moulins à vent en bois se divisent en deux catégories: a) ils peuvent être polygonales ou octogonales et comme le moulin de pierre, seule le toiture tourne au gré du vent. b) ou sur pivot dit ' sur pioche, appelé aussi moul à cage; Il tourne sur lui même à partir du pied formé de poutres horizontales et de liens obliques (types du moulin de Saint Maxent). On y accéde par une échelle en bois. |