Les Monuments aux Morts

Le culte qui donne naissance aux monuments aux Morts précédant leur érection, est né avant  l’armistice Les mutilés et réformés de guerre organisent des manifestations   : Elles ont pour date le 1er et le 2 novembre ‘la fête des morts’. Le culte né alors que la guerre peut s’achever par une défaite, n’est donc pas uniquement un culte de la victoire. L’édification des monuments aux morts associe étroitement les citoyens, les collectivités locales et l’état. La loi du 25 octobre 1919 pose le principe d’une subvention de l’Etat, mais   il n’y a pas d’obligation de construire un monument.

Ce sont les communes ‘donc les citoyens dans leur groupement civique de base’ qui décident de rendre hommage à leurs morts.
Les municipalités créent des comités qui sont chargés de collecter des fonds pour l'érection des monuments aux Morts.
  Un hommage unanime Le monument aux Morts s'adresse à l'ensemble des combattants disparus. Les noms des disparus sont classés par ordre chronologique de leur décès ou par ordre alphabétique jamais par ordre hiérarchique. Les hommes sont égaux devant la loi et devant la mort. Dans les années 1920/1925, il s'est édifié environ 36.000 monuments aux Morts en France
Un effort collectif Les villages sont éprouvés, il faut tout reconstruire et un monument, si modeste qu'il soit, coûte cher. Nul n'a songé à se plaindre de ce sacrifice même si les querelles de clocher, les opinions politiques divisent les habitants quant à l'emplacement du monument
Enjeu commercial et oeuvre d'art fondeurs, marbriers proposèrent des modèles de 2.000 F à 320.000 F 'Proyart - Somme). Les artistes sont parfois sollicités . Le sculpteur Amiénois Albert Roze réalise 23 monuments.
Une commission d'examens des projets d'érection de monuments commémoratifs de la guerre est mise en place dans chaque département, dans la Somme, cette commission était présidée par Albert Roze. Les projets reviennent dans les mairies avec un avis circonstancié, des conseils techniques pour améliorer la qualité artistique de l'œuvre
  L'emplacement 50% sont situés sur la place publique, 25% sur la place de l'église et 15% dans les cimetières, le reste plutôt excentré. Le choix est parfois source de conflits; il faut concilier les opinions politiques, religieuses, et parfois les intérêts particuliers.
  L'inauguration Elle est organisée partout avec lustre et vécue dans la ferveur des grandes émotions. Services funèbres, défilés, discours, dépôts de gerbe, appel des noms, sonnerie, musique, feux d'artifice, banquets sont au programme et commentés dans les journaux
  Type La plupart, par souci financier, représentent une obélisque surmontée d'une croix de guerre, d'une urne funéraire ou d'un coq gaulois.
Les monuments aux Morts sont des lieux de mémoire, représentatif, du lourd tribut payé par les communes du département de la Somme lors de la première guerre mondiale.

 

Le symbolisme  des Monuments aux Morts

La croix de Guerre Oeuvres laïques conçues par une République séparée de ‘l'église depuis 1905.Les monuments aux Morts portent rarement des marques religieuses, mais la croix de Guerre qui apparaît sur 37% des monuments conciliait toutes les familles d'esprit; elle rappelait la croix aux catholiques mais était pour tous une décoration, un honneur officiel rendu aux combattants
Les Palmes de victoire en métal ou gravées dans la pierre, elles rappellent le goût pour l'antique de cette époque. Elles sont aussi le symbole du martyre.
Le rameau d'olivier Il est le symbole de paix et de Gloire, dans l'antiquité, il était un emblème de fécondité
La couronne de Lauriers elle symbolise la victoire
le rameau de chêne Il est le symbole universel de force, de puissance, de majesté, de longévité et de resistance.
Les Coqs Gaulois Ils viennent proclamer que le mythe dû à l'homonymie latine 'Gallus/Gallia est encore bien présente au XXéme siècle. L'oiseau chrétien des clochers ou l'animal blanc du Dieu Mercure se retrouve sur les monuments aux Morts, tricolore jusque dans le bronze et la pierre
Les canons, les obus, le fusil Ces signes de mort, fichés comme des trophées donnent une signification belliqueuse aux monuments et d'une façon rassurent. La mort est remplacée par les créations guerrières qui l'ont provoquée.
Le drapeau C'est un emblème militariste et guerrier
Le Casque Il est le symbole de l'invisibilité, de l'invulnérabilité et de la puissance. Il représente aussi un esprit belliqueux
Le Poilu Qu'il soit en bronze, de pierre, de plâtre, de marbre ou de fonte tous sont armés de fusil. Il les brandissent ou s'appuient sur l'arme, le regard mélancolique
Le Blé La gerbe représente la jeunesse fauchée
Les femmes Elles sont moins des femmes que les symboles féminins de la victoire, de la liberté, de la république. Elles apportent certitude et compassion aux combattants, elles proclament que la mort a le sens de la victoire
le jardinet ou la clôture On a délimité le lieu où l'on commémore les absents, on a fait un enclos à caractère sacré. Seul le magistrat municipal, ou les anciens combattants d'arme, à la rigueur les innocents enfants des écoles, peuvent prétendre pénétrer cette parcelle de sol désormais sacrée;
la présence de l'Alsacienne et de la Lorraine aux inaugurations La guerre de 1870/1871 avait amputée la France de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine. Le nationalisme français s'était nourri du désir de revanche. La guerre de 1914/1918 est l'occasion du retour des provinces perdues. Les deux enfants enlevés retrouvent leur mère patrie
sources les monuments aux morts du canton d'Hallencourt '80
inventaire général de la D.R.A.C de Picardie
les monuments aux mortsmémoire de la grande guerre d'Annette Becker éditions Errance
Ferrières de Chantal de Tourtier - Bonazzi

 

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