recherches effectuées et commentaires par Monsieur
Ghislain Lancel Bellegarde sur Valserine
- Ain
A.D.S : cote 1198
*
Ce
dossier comprend 9 pièces rédigées par M. Nerlande, officier des eaux et forêts de la
maîtrise d'Amiens. A la suite de l'orage de la Saint jean 1748 (24 juin) des coulées de
vases et limon, suivant les vallées naturelles de Mouflers et d'autres villages,
causèrent des dommages considérables aux cultures et habitations situées entre Bouchon
et l'extrémité du village de l'Etoile; Dans un premier temps ce sont les habitants
eux-mêmes qui sollicitent la venue de l'officier . le sieur Nerlande, s'appuyant sur
cette demande, justifiée par la régularité de ces inondations annuelles, ordonne des
travaux importants: un réseau de près de 7,5 Km de fossés à rénover ou à
reconstruire (incluant le site de Moreaucourt) et la source [probablement la Fontaine
Thuraude] tellement importante que 6 à 7 femmes des villages voisins y lavaient
simultanément leur linge, à dégager et à canaliser vers le fossé principal. dans
l'ensemble les populations participent aux travaux, mais plusieurs des plus importants
habitants de l'Etoile [ le syndic, le lieutenant et d'autres] refusent les travaux à
effectuer sur les parcelles dont ils sont tenanciers( occupants). Des sanctions
s'ensuivent: amendes de 10 livres et
établissement de garnison (obligation de loger, nourrir et salarier un cavalier) chez
'les refusants'! mais fin mars 1749, après huit mois d'efforts, l'officier peut enfin
rendre compte à Messire l'intendant de Picardie de l'achèvement de tous les travaux
ordonnés, et ainsi solliciter le remboursement de ses frais de voyage, 50 écus selon ses
dires, à payer par les habitants des deux villages, sous la contrainte de
l'établissement de garnison d'un cavalier de la maréchaussée.
On
pourra se reporter aux plans de 1833 (exemplaire de la mairie) pour visualiser la
topographie des lieux, les parcelles des Ergonnes délimitées par leurs petits fossés,
le grand fossé rectiligne aménagé à la demande de l'intendant ( l'actuel ruisseau dit
la vauchelle) et les emplacements des ponts nécessaires. Pour Moreaucourt, le glacis,
prolongé à chaque extrémité par un fossé le reliant à la rivière est
vraisemblablement le bras le plus à l'est.
A
travers ces procès verbaux, c'est tout le film de la vie des habitants et du village de
l'étoile au milieux du XVIIIéme siècle qui s'offre à nous, par des plans successifs:
*
la colère des habitants dont les récoltes sont régulièrement détruites par les
inondations, la tourbe et le chanvres,
*les
moissons Qui mobilisent tous les bras du village, les corvées,
l'abandon
progressif de la terre de Moreaucourt,
*les
courriers et les haleurs qui doivent franchir les nombreux petits ponts réduits parfois
à une simple planche,
*les
marchés où toute la population se rend [ruse pour ne pas rencontrer les officiers ou
habitude réelle?]
*les
plus importants habitants qui s'opposent aux ordonnances de l'intendant, le Seigneur et sa
Dame au chäteau, le syndic (représentant la communauté) qui ose affronter l'officier,
*les
sanctions par amende et garnison des contrevenants,
*les
femmes lavant le linge à la source
*le
collaborateur de l'officer qui espère la récompense
*plus de 7 km de fossés et autres travaux achevés
*les
frais de déplacement de l'officier à payer encore par les habitants
Analyse
sommaire:
Pièce
1: 25 juillet 1748
*le
syndic de l'étoile et les habitants de Bouchon, demandent la venue d'un officier des eaux
et forêts; le sieur Nerlande.
*L'orage
de la Saint jean à provoqué des dommages extraordinaires par les eaux provenant des
vallées de mouflers et autres lieux;
*la
boue a recouvert la plupart des terres situées entre Bouchon et l'étoile, détruisant
une bonne partie des grains et fruits, comblé un puits, endommagé les habitations de
Bouchon;
*désignation
des travaux à effectuer, essentiellement la réfection d'un important fossé, et le
creusement de sa jonction avec la Somme; ( on note la présence des tourbières et la
culture du chanvre)
*Accord
de l'intendant
*Les
corvées imposées pour effectuer les travaux
Pièce
2: 30 juillet 1748
*Communication
de l'ordonnance de l'intendant aux syndics des deux villages qui demandent et obtiennent
d'effectuer les travaux après la moisson, vers le 15 septembre.
*Il
est dit que les inondations sont annuelles.
Pièce
3: septembre/ octobre 1748
*Ordre
de construction d'un fossé de 246 toises de long [480 mètres], 14 pieds de larges [4.6
m] et 5 pieds de profondeur [1.6m] entre le voyeu de l'argonne et la somme.
*Trois
ponts sont à construire, à la charge de la communauté, du seigneur et d'un particulier
(Beurier). Ils permettront aux voitures, aux courriers et aux haleurs de traverser le
fossé ( en direction de Bouchon et Long)
*ordre
de construction d'un glacis de 40 toises [78 m] de long et 18 pieds de large [5.9m] à
Moreaucourt, avec une curieuse sollicitation des habitants de Flixecourt et de Bourdon *(
on en conclura que pour le relief du 18 juillet 1748 par J-B de Calonne pour le fief de
l'Etoile, il ne faut pas inclure Moreaucourt)
*les
équipes de convoyeurs se relaieront tous les trois jours
pièce
4: 24 octobre et 11novembre 1748
*Moreaucourt
et malgré les réticences du maire de Flixecourt, le glacis est finalement terminé et
prolongé de fossé le reliant à la rivière. Le fermier de Moreaucourt est chargé de
retirer les arbres tombés dans les fossés, ce que les habitants se mettent en devoir
d'exécuter.
*Par
contre à l'étoile, les syndics et les habitants semblent peu conciliants, étant presque
tous aux marchés voisins quand arrive l'officier
pièce
5: 7 janvier 1749
*les
travaux sont terminés, de la somme jusqu'à la sortie de Bouchon, à l'exception de ce
qui est à la charge d'une dizaine de 'refusants' tous tenanciers habitants l'étoile;
ceux ci y compris le lieutenant, nommément cités dans le procès-verbal, n'ont pas
commencé ou achevé le fossé, ou n'ont pas coupé les arbres désignés. Ces
entêtements semblent situés au fief du chapitre.
*Une
fontaine ( la fontaine Thuraude ?), de grande utilité puisqu'étant unique pour les
habitants de Bouchon et Flixecourt, n'est pas encore complètement dégagée par les
habitants de Bouchon;
*enfin
le nommé refuse d'établir le pont à usage des haleurs
pièce
6: 24 au 26 février 1749
*le
fossé partant de Mouflers et rejoignant celui de l'étoile au dessous de Bouchon est
terminé
*ordre
de faire dégager la fontaine par 14 hommes de l'étoile et Bouchon; celle ci, situé à
la sortie de l'étoile, au pied de du Camp césar, était si abondante que 6 à 7 femmes,
y lavaient leur linge.
*le
seigneur doit placer conjointement avec le sieur Pingré de Fricamps, une planche sur le
fossé du moulin bleu, pour le passage des haleurs.
*le
syndic de l'étoile furieux, vient retrouver l'officier, qui se trouvait encore au
château et lui signifie son refus de faire travailler à la fontaine.
Pièce
7: 7 au 11 mars 1749
*pour
refus d'obéissance, une garnison est établie chez le syndic et trois des principaux
habitants de l'étoile; en plus, ils reçoivent une condamnation globale de 10 livres
d'amende.
*les
derniers travaux ( deux bancs qui barraient le fossé, une planche à allonger, un angle
saillant à couper) sont finalement exécutés, mais par de volontaires, convaincus du
bien de ces travaux.
*il
en est de même pour la fontaine, dont le ruisseau se déverse dans le fossé principal.
Pièce
9 ( lire pièce 8): ' sans date 'fin mars 1749
*lettre
de l'officier ( accompagnée des 7 procès-verbaux précédents), adressée à
l'intendant, signifiant l'achèvement des travaux, et sollicitant le remboursement de ses
frais de voyage et une récompense pour l'aide qu'il avait obtenue du nommé beaussart
pièce
8 (lire pièce 9: paris le 2 avril 1749
*copie
de l'ordonnance de l'intendant qui, vu les procès verbaux qu'il a reçu concernant 3.800
toises [7.4 km] de fossés réparés ou construits en exige l'entretien et la
vérification régulière, et alloue au sieur Nerlande, la somme de 120 livres à payer
par les habitants de l'étoile et Bouchon( respectivement pour 80 livres et 40 livres) en
y contraignant le syndic et quatre habitants par l'établissement de garnison d'un
cavalier.
*on
remarquera que la proposition de l'officier n'ont pas été suivies, ni par le
remboursement de ses frais ni pour la répartition, et qu'il n'est pas fait allusion à la
récompense pour les services rendus par son préposé à l'étoile.
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pièce
n°1:
feuille écrite recto- verso, très lisible avec une ponctuation partielle
*recto
en marge inondation de Bouchon et l'étoile
*et
d'autre main Ordonnance cy derrière du 25 juillet
l'an
mil sept cens quarante huit, le dix sept juillet (17.07.1748)
sur
la réquisition faitte à moy, françois Nerlande, officier des eaux et forets de la
maîtrise d'amiens
y
demeurant soussigné par nicolas Fricot, sindicq du village de
l'estoile et par jean baptiste longuet,
Barthélémi
Ducansel et autres principaux du village de bouchon, de visitter lesdits village et leur
terroir,
Attendu
que l'orage survenu le jour de la Saint jean dernier [24.06.1748] y a causé des dommages
extraordinaires par les eaux sauvages qui descendent ordinairement des vallées de
villers, Ailly le haut clocher, Mouflers, Vauchelles, Brucamps, Herny (ergnies) et
gorenflos
A
quoi obtempérant, j'ay fait ma visitte sous le bon plaisir de Monseigneur l'intendant de
Picardie et d'Artois, sortant de l'Estoile jusqu'au dessus de
Bouchon, et ay trouvé des deux côtés la pluspart des terres chargées de vase et limon,
et une bonne partie des grains et fruits ruinés et enfouis dans la bourbe (boue). J'ay
trouvé dans Bouchon, un puit entièrement comblé de limon, et que les dernière eaux ont
entré dans la meilleure partie des maisons dont les solins sont entièrement dégradés;
et aiant examiné les moiens de remédier à de si grands désordres, j'estime qu'il est
nécessaire de faire travailler aux ravins au dessus de Bouchon, de creuser et eslargir
tous les fossés qui servent de décharges aux eaux sauvages; savoir; le principal fossé,
qui commence dans bouchon et finit à l'estoile dans une rue appelé le Voïeu - de
L'ergonne, sur dix-huit pieds [ 6 mètres] de largeur et six pieds [2 m] au moins
de profondeur; et aux autres branches de fossés qui se réunissent dans le principal, sur
douze pieds [4 m] de largeur et six de profondeur, en leur donnant du talu à proportion;
ce faisant couper les arbres qui se trouveront nuisibles, aussi bien que les hayes et
brossailles, ou qui tomberons dans ces distances.
Convient
encore, faire couper les arbres de la rue de villers, pour la dessécher entièrement, et
remplir par les habitants les dégradations causées par les dernières eaux; ce fait, et
estant descendu à la fin du principal fossé, dans le Voïeu - de L'ergonne et la somme,
ou il se subdivise ( dans le village de l'estoile) en deux
autres qui au lieu de suivre une certaine direction, prennent d'un coup l'un à droite et
l'autre à gauche; le long de ce Voïeu, j'aurois (j'avais) pris avis des habitans et
aurois descendu jusqu'à une portée de fusils de la somme, examinant la scituation du
terrain pour trouver une prolongation depuis le Voïeu jusqu'à la somme. a quoy, lesdits
habitans et moy avons trouvé un obstacle invincible au moien de nombre de fosse à tourbes où il n'est pas
possible, à cause de leur excessive profondeur, d'y trouver de solidité; ce qui doit
déterminer, pour soulager d'autant plus cette partie de terrain presque tout à l'usage
de chanvriers entre ledit Voïeu de L'ergonne et la Somme, de faire creuser et eslargir(
verso) convenablement tous les fossés qui y sont en quantité, et qui servent d'ailleurs à diviser et séparer
les masures et ténemens de chaque particulier, leurs aires et leurs prais. Ce faisant
pour que les eaux sauvages ne séjournent plus dans cette partie et ne refluent point au
dessus, il conviendroit ouvrir deux où trois canaux de cinq à six pieds de largeur chacun, qui
communiqueroient des derniers fossés ou de l'extrémiité des fosses à tourbes les plus
basses, jusqu'à la somme, pour servir de décharge, en observant de ne les creuser que
sept à huit pouces [20 cm]au-dessus de l'eau naturelle de la rivière, sauf à jetter sur
chaque canal un pont de deux croutas attaché sur pieux avec appuy. Ces opérations
pourront soulager, au moins, le pays et diminuer les pertes considérablement, si elles ne
l'en délivrent point tout à fait, et peuvent être ordonné à corvé hors des villages
par les habitans de l'estoile et bouchon, chacun sur son territoire; ainsi qu'un pont
volant qui est dans l'estoile sur un des fossés, et qui mérite d'être eslargi et
prolongé; et quant aux travaux et abbatis
qui sont à faire dans lesdits villages, jardins, mazures, aires, pais et ténemens
séparés et deffendus par les fossés, j'estime qu'ils doivnet être à la charge des
propriétaires et occupeurs, solidairement, chacun en droit soy. Et ay dressé le présent
procès verbal pour être ordonné par mondit Seigneur l'intendant, de ce qu'il
appartiendra par raison. A quoy j'ay vacqué deux jours. [signé] Nerlande;
Fricot, Magnier, sindicq ( de bouchon)
( et d'autre main)
Vu
le présent procès-verbal.
Nous
ordonnons que les travaux y mentionnés seront faits incessamment, sous l'inspection su
Sieur Nerlande;
Fait
ce 25 juillet 1748 (signé de l'intendant)
Chauvelin
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Pièce
n°2:
feuille recto verso, très lisible avec une ponctuation partielle
[recto]
( en marge: l'estoile et bouchon ont demandé surci à cause de la moisson
l'an
mil sept cens quarante huit, le trente juillet [ 30.07.1748]
moy,
françois Nerlande, officier des eaux et forets de la maîtrise d'amiens
y
demeurant; me suis transporté aux villages de l'estoile et de
bouchon; aux domiciles Fricot et manier, sindicqs où estant je leur ay montré et exhibé l'ordonnance rendue par Messire Jacques Bernard Chauvelin,
chevalier conseiller du Roy en ses conseil, maître des requêtes ordinaires de son
hôtel, intendant de justice, police, finances et des troupes de sa Majesté en Picardie,
Artois, Boulonnais, pays conquis et reconquis, du vingt cinq présent mois, portant que
les travaux mentionnés au procès-verbal cy-après datté seront faits incessamment sous
l'inspection de moy susnommé, de laquelle ordonnance estant au bas du procès-verbal du
dix sept dudit mois de juillet et jours suivans ensemble d'iceluy, j'ay fait lecture et
communication auxdits sindicqs, et délivré à chacun coppie afin qu'ils n'en puissent
prétendre cause d'ignorance, et en conséquence, je leur ay indiqué jour, au lendemain
de grand matin, pour assembler chacun les habitans de leur communeauté, et me donner le
nombre de courvoyeurs qui est nécessaire pour d'un côté travailler aux travaux du
dehors, tandis que les autres, soit propriétaires ou occupeurs, vacqueront aux travaux du
dedans, au désir de la susditte ordonnance et conformément à l'ordre et à
l'arrangement marqué dans ledit ( verso) procès-verbal, de concert avec lesdits Fricot et Manier, et autres habitans, qui
connoissent la nécessité indispensable desdits travaux pour soulager le pays et obvier
aux grands dommages résultans des innondations annuelles. Surquoy lesdits sindicqs n'ont
fait connêtre que comme la moisson estoit instante, ce seroit causer aux habitans des
deux paroisses des pertes irréparables si on les en détournoit. Pourquoy, ils me
requéroient de surseoir quant à présent, et de remetre lesdits travaux en question vers
le quinze septembre ou environ, tems où la moisson seroit faitte, ce que je leur ay
accordé, sous le bon plaisir de mondit Seigneur l'intendant, et me suis retiré. Et ay de
ce que dessus dressé, le présent procès-verbal, pour servir ce que de raison (signé)
Nerlande. Vacqué
deux jours
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pièce
n°3:
feuille parfois rognée sur le bord droit, écrite recto verso, très lisible, avec une
ponctuation partielle
recto:
en marge l'étoile, Moreaucourt, Flixecourt, fossés neufs
et anciens.
L'an
mil sept cens quarante huit, le trente sept(embre) [30.09.1748]
En
vertu des ordonnances de Monseigneur l'intendant de Picardie et Artois des 13 octobre et 6
décembre 1747, 3 février, 6 mar(s), 9 et 23 avril, 30 may, 14, 24 et 25 juillet
derniers.
Moy
françois Nerlande, officier des eaux et forets de la maîtrise d'amiens y demeurant; me
suis transporté au village de Flixecourt, le lendemain et autres
jours suivans de l'étoile, ou étant, j'aurois tracé et aligné en présence de
plusieurs habitans, les ouvrages ordonnés et à faire aux fossés qui servent de chut(e),
et d'écoulement aux eaux sauvages qui descendent des villages de
Mouflers et Bouchon, à l'effet d'en faire percer à neuf où il manque, et de
réparer, excaver et élargir ceux qui sont subsistans, et obvier ainsi innondations qui
affligent ledit village de l'étoile et ses environs. Et d'abord, j'ay toisé et tracé en
observant un alignement, autant que faire se peut, depuis l'endroit appellé le Voïeu -
de l'argonne jusqu'à la somme, ce qui porte, depuis la rue qui sert de chemin, quatre
vingt toises [156 mètres] jusqu'à l'endroit appellé les
Aulnois. De cet endroit, continuant
jusqu'au premier trou à tourbes, vingt six toises [51 m] et attendu que ce trou a de la
profondeur suffisante, il servira de fossé. Sortant de ce trou jusqu'à un autre dit L'ergonne, quatre vingt quatorze toise [ 183 m]. de ce
dernier trou servira aussi le passage aux eaux sauvages, jusqu'à un sentier qui est
l'ancien chemin des couriers, vingt huit toises [55 m]. de ce dernier jusqu'à la somme.
Dix huit toises [ 35 m ] toute cette distance [ 246 toises soit 480 m] aura quatorze pieds de largeur sur 5 pieds de
profondeur [ 4,6 m* 1,6m] du consentement des habitans, fermiers ou propriétaires qui se
sont trouvés présents; lesquels m'ont fait observer qu'il convenoit construire trois
ponts; le premier a la rue qui sert de chemin pour les voitures qui passent le long de
cette vallée dans le haut du village, à cause de la traversé du ravin au fossé qui
sert d'écoulement aux eaux sauvages, lequel sera bâti de charpente et de crouta, aux dépens de la communauté de l'étoile, ( et aura) la
longueur et largeur de douze pieds [ 3, 9 m]; le second qui sera aussi de charpente, au
passage des couriers, sur la longueur de quatorze pieds [4,6 m](et) de six pieds [2 m] de
largeur, aux frais du seigneur de l'étoile; et le
trois(iéme) proche le rivage de la somme, pour le passage des halleurs, aussi (de)
charpente, sur la même longueur et largeur que le second, aux
frais du nommé Beuriez, poissonnier, propriétaire ou occupeur du terrain
adjacent, avec augmentation d'un appuy au troisième, qui sera placé du côté du
village, aïant pris à cet effet les (verso) dimensions nécessaires, en présence et du
consentement desdits habitans, sauf les devis qui en seront faits s'il en est besoin, sous
le bon plaisir de mondit Seigneur l'intendant. ce fait, je me serois transporté aux
travaux de Moreaucourt, et n'y aïant trouvé personne, je me serois transporté au village de Bourdon, vers le sindicq qui, en conséquence des
ordres de mondit Seigneur l'intendant. que je luy aurois
d'abandont intimés, n'auroit envoïé le surlendemain partie des courvoïeurs auxquels
j'aurois tracé et indiqué un fossé neuf à ouvrir dans un angle des prais dudit
moreaucourt, sur la longueur d'environ quarante toises [78 m], pour servir de décharge
aux eaux sauvages, et ne faire qu'un tout avec les fossés anciens au-dessus et au
dessous, partie réparés et partie à
réparér, en observant les alignements ci-devant pris.
Et
enfin ces habitans de bourdon
s'étant mis en devoir de travailler, et leur aïant fait observer la profondeur et le
talu nécessaire à donner à ce fossé, je les aurois quitté pour aller à flixecourt,
où estant, j'aurois interpellé les maire et eschevins de me
donner des courvoïeurs ou manouvriers, à l'effet d'achever la réparation des anciens
fossés, sur la largeur ci-devant désignée de dix huit pieds [5,9m].
Mais
loing de satisfaire, ils m'auroient requis un délai de quelques jours pour achever la
récolte et la manuvre des lins et des foins, ce que je leur ay accordé; et
cependant je me serois transporté aus ouvrages du glaci neuf, que j'ay examiné, et ay
fort recommandé aux massons et autres ouvriers de le parachever incessamment, à cause de
la circonstance de la saison, et qu'il étoit pressant de faire ouvrir le fossé au-dessus
et au-dessous, ce qu'il n'est pas possible tant que le glaci se soit pas achevé. Ce fait,
j'aurois retourné à l'étoile où j'aurois commis une partie des habitans, conformément
aux ordres de mondit seigneur, en devoir de travailler aux excavations, ouvertures et
réparations des fossés, ainsi que le les avois ci-devant tracés et désignés; et
enfin, retourné les autres jours suivant audit Flixecourt, la
récolte des lins et des foins étant finie.
J'aurois
commis une partie des habitans par thiers, pour travailler de trois jours en trois jours,
à excaver et élargir les anciens fossés de Moreaucourt, leur aïant montré la façon
et le talu à observer, et marqué en même tems les arbres qui se trouvent dans les
alignements des dix huit pieds [5,9 m] de largeur à abatre; et plus avant n'a esté pour
lors par moy procédé, aïant vacqué en deux voïages, dix jours, et ay dressé ce
procès-verbal pour servir ce que de raison. (signé)
Nerlande.
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Pièce
4:
double feuille dont trois pages écrites
[
fol 1] (en marge l'étoile et
bouchon --- toisé)
l'an
mil sept cens quarante huit, le vingt quatre octo [bre]
(24.10.1748)
et
jours suivans, en continuant les procès verbaux ci-devant faits,
et
en exécution des ordonnances de Monseigneur l'intendant de Picardie et d'Artois des 13
octobre et 6 décembre 1747, 3 février, 6 mars, 9 et 23 avril, 30 moy, 14, 24 et 25
juillet derniers, moy François Nerlande, officier des ea
ux et forêts de la maîtrise d'amiens,
y demeurant soussigné, me suis transporté de Flixecourt, et le lendemain au glaci, où
les ouvriers m'ont asseuré n'en avoir plus que pour un jour ou deux, et que l'ouvrage
seroit alors en sa perfection, et que je pourois faire ouvrir le fossé au-dessus et
au-dessous [ au deux bouts] pour y metre l'eaux excédente de la rivière dans les momens
qu'elle se gonfle; pendant lequel tems, j'aurois fait perfectionner les réparations des
anciens fossés; et aïant apperçu quantité d'arbres provenans des abbatis qui estoient
nouvelement faits dans les dix huit pieds d'alignemens, lesquels arbres estoient tombés
dans les fossés dudit Moreaucourt, et n'avoient pu en
être tirés par les courvoïeurs, à cause de leurs grosseurs et longueur- ce qui d'ailleurs en la charge des Dames de Moreaucourt- je me
serois transporté en la ferme de ce nom et aurois interpellé le
nommé Ducroquet, fermier desdittes Dames, de faire retirer lesdits arbres, et de
les transporté sur les lieux un autre jour, j'y aurois trouvé ledit
Ducroquet avec son frère, ses domestiques, chevaux et charettes, qui se metoient
en devoir d'enlever lesdits arbres dehors le fossé, y en aïant vus nombre qu'il avoit
déjà retiré.
Ce
fait, je me suis transporté au village de l'étoile où estant, j'ay achevé de désigner
et tracer, sur la largeur de douze pieds [3,9m]et la profondeur de cinq à six pieds [ 1.8
m], les anciens fossé de décharge aux eaux sauvages, depuis le voïeu de l'argonne, où
j'avois ci-devant commencé mon toisé, en remontant jusqu'aux fins et limites du terroir,
et ce, en présence des habitans, en le redressant autant qu'il se peut, et ay marqué à
abatre les arbres qui se trouvent dans cette largeur comme nuisibles au cours des eaux
sauvages, ce qui porte douze cens cinquante toises [2,4 km], en y comprenant les deux
fourches qu subdivisent au dessus du village le fossé commun en deux parties jusqu'au terroir de Bouchon, qui n'auront chacune que dix pieds [3,3 m] de
largeur, de sorte que le toisé général des fossés de l'étoile et de son
terroir, qui sont en la charge des habitans, tant à réparer qu'a faire à neuf pour [
f°1 v°] l'écoulement des eaux sauvages jusqu'à la somme, porte en total à prendre
depuis le rivage de cette rivière jusqu'au terroir voisin de Bouchon, quinze toises [2,9
km].
Et
le douze novembre ( 12.11.1748) et autres jours suivans, moy commissaire susnommé et
soussigné, étant retourné au glaci neuf de Moreaucourt.
Je l'aurois enfin trouvé fait et parfait
Pourquoy,
je me serois transporté au domicile du maire de Flixecourt,
qui m'auroit à son ordinaire fait des difficultés, de commander les courvoïeurs dont
j'avois besoin pour ouvrir le fossé à neuf au-dessus et au-dessous du glaci, attendu,
qu'il étoit achevé, et m'auroit remi au lendemain, auquel jour enfin à force de
représentations, il n'auroit donné un tiers des courvoïeurs
dudit Flixecourt, que j'aurois à l'instant préposés à ouvrir le fossé à neuf,
précisément au-dessus du glaci neuf, sur la longueur de trente à quarante toises [58 à
78 m], pour joindre et tomber à la tête d'un ancien fosé qui se trouve à la suite, et
ce, sur les deux alignements que j'ay tracé, qui vont en diminuant jusqu'à la largeur
fixé de dix huit pieds [5, 9m ] pour largeur commune de la continuation de ce fossé de
décharge jusqu'à la somme; avec ordre auxdits courvoïeurs de travailler successivement
par tiers, pour avoir entr'eux un jour de repos, tant et jusqu'à ce que cette partie soit
achevée; et de se metre sans perdre de tems à ouvrir l'autre partie, depuis ledit glaci
neuf jusqu'à la rivière, sur l'alignement ci-devant donné, en faisant ouvrir à cette
effet les vannes des deux moulins dudit Moreaucourt,
pour mette la rivière à secq, et avoir plus de facilité dans le travail; au moïen desquelles opérations, les ouvrages entrepris et
désignés ci-devant pour la décharge des eaux sauvages et de soulagement du païs, se
trouveront faits et parfaits. Pourquoy , j'ay enjoint au maire de
Flixecourt, de la part de mondit Seigneur l'intendant, de
tenir la main et de veiller tant sur les travailleurs que sur les ouvrages à ce qu'ils
fussent faits et parachevés sans plus de délai, suivant les désignations qui en ont
esté ci-devant faittes en sa présence, ce qui peut être un objet de dix jours de
travail au plus.
Ce
fait, je me suis transporté au village de Bouchon où
estant, j'aurois assemblé les principaux habitans avec lesquels j'aurois examiné le
cours et seituation des fossés qui servent de décharge aux eaux sauvages, depuis le terroir de l'étoile en remontant au travers de Bouchon
jusqu'à celui de Mouflers, et aurois trouvé ces fossés en très mauvais ordres,
et comblés en bonne partie, ( f° 2) Pourquoy, j'ay sur le champs, en exécution de
l'ordonnance de mondit Seigneur l'intendant, (du 25
juillet dernier), tracé et désigné, en présence desdits habitans, les ouvrages à
faire audit fossé sur toute la longueur, tant à neuf qu'à réparer, en lui donnant
douze pieds de largeur d'une rive à l'autre, sur trois pieds et demi de talu de chacun
coté, et la profondeur de cinq à six pieds,
et en absorbant les courbures et sinuosités, pour le redresser autant que faire se
pourra, et ay enjoint, ce faisant de la part de mondit Seigneur
l'intendant, de couper et abbatre les arbres, hayes et autres sortes d'empêchements nuisibles qui se trouvent dans ces
distances. Le toisé enfin achevé, il se trouve contenir en tout dix huits cens toises (
3,5 km ). En conséquence de quoy, j'ay enjoint auxdits habitans de commencer les ouvrages
ci-dessus désignés, chacun en droit soy, ce qu'ils se sont mis en devoir exécutter.
Enfin, j'ay descendu au village de l'étoile,
où n'ayant trouvé ni sindicq ni prequ'aucun habitans à cause des marchez voisins où
ils estoient allés, j'aurois esté sur les travux à faire et ci-devant marqués, où
j'aurois reconnu que l'on n'y avoit presque point travaillé; et le lendemain, aïant fait
venir le nommé Fricot, sindicq, je lui aurois ordonné de
faire tinter la cloche pour avertir les courvoïeurs, qui n'ont pu s'assembler que
l'après-midy et aïant parcouru le surlendemain tous les travaux, j'y aurois enfin
trouvé les courvoïeurs que j'aurois exhorté à bien et diligemment travailler, en leur
montrant aux uns et aux autres la façon de pratiquer les talu et autres dimensions
nécessaires.
Ce
fait, je me suis rettiré après avoir vacqué en deux voïages aux opérations
sus-reprises, dix jours; et ay du dressé le présent procès-verbal pour servir ce que de
raison ( signé) Nerlande)
Pièce
n°5:
feuille recto- verso
(recto) en marge[ il y a ordonnance pour l'étoile sur une autre feuille du 22 janvier 1749]
l'an
mil sept cens quarante neuf, le sept janvier.(7.01.1749)
en
vertu de ordonnance de Messire Jean Bernard Chauvelin, chevalier,
conseiller du Roy en ses conseils, Maître des requêtes ordinaire de son hotel,
intendant de justice, police, fiances et des troupes de sa Majesté en Picardie et
d'Artois, Boulonnais, pays conquis et reconquis, moy François Nerlande, officier des eaux
et forêts de la maîtrise d'amiens, soussigné, chargé de
l'inspection particulière des fossés de la vallée de Bouchon et l'étoile, estant avec
le Sieur Biart sur les ouvrages à parachever au glaci neuf de Moreaucourt, suivant les ordres de mondit Seigneur l'intendant,
que nous avions intimés la veille aux courvoïeurs des parroisses désignées, j'aurois
détaché cependant Georges Dorville, cavalier de mareschaussé
à la résidence d'Amiens, pour aller sur les fossés de Bouchon et l'étoile, et
connetre s'il estoient faits et parfaits suivant les alignements que j'en avois indiquées
sur les lieux, de la part mondit Seigneur l'intendant, aux
fins de soulager cette vallée des dommages qu'y causent les eaux sauvages, ce que ledit
Dorville auroit fait et m'auroit raporté que tout estoit et parfait depuis un bout, c'est
à dire depuis la Somme, jusqu'aux fins et limites du terroir de
Bouchon, à l'exception néantmoins de quelques parties où plusieurs tenanciers,
ont refusé de commencer ou d'achever le travail, non plus que d'abbatre les arbres qui se
trouvent dans les alignemens. Ce qu'aïant vériffié le lendemain huit, il s'est trouvé que ces refusans sont tous du villages de l'étoile
sçavoir:
* le nommé Ansel
(probablement Claude II Lancel, tenancier dont la parcelle est représentée sur les plans
G.2241.), qui a quarante toises [78 m] de fossé à faire et deux arbres à abatre.
·
Claude
Vasseur qui
a quatre arbres à abatre et n'a pas achevé sa partie de fossé.
·
Pierre
Leclercq,
occupeur des biens de l'église, qui a un arbre à abatre.
·
Antoine
Cagé,
trois à a[battre] et une parie de fossé qui passe par son ténement imparfaite.
·
Claude
Lejeune,
et consors, qui a refusé constamment de travailler à son fossé et d'abbatre dix arbres.
·
[verso]
Antoine Patri, lieutenant, qui a trente arbres à abbatre,
et environ quarante toises de fossés imparfaites;
·
Pierre
Magnier et Antoine Cagé,
occupeurs solidaires, qui n'ont point achevé leur fossé;
·
Antoine
Leroy,
sa part du fossé imparfaites, et sept arbres à couper;
·
Pierre
Grouet, une part de fossé non fait, et un arbre à couper
·
Jean
Quint
dans le même cas que Grouet;
·
Jean
Noblesse,
un arbre à couper, et une part de fossé à faire;
Tous
lesquels particuliers tenanciers et occupeurs ont refusé, comme dit est, de commencer ou
d'achever chacun en droit soy, les travaux mentionnés ci-dessus, et ci-devant ordonnés.
J'ay
en outre observé que la fontaine qui se trouve comblée, et qui
est d'une grande utilité, - étant unique -, pour les habitans de Flixecourt et de
Bouchon, n'est point encor ouverte. Lesd habitans de
Bouchon aïant discontinué d'y travailler;
Ce
fait, et estant descendu à l'embouchure du fossé aux eaux sauvages dans la Somme, dont
il est question, ou il est d'une nécessité indispensable pour la navigation et pour le
passage des haleurs d'établir un petit pont de deux pieds [66 cm] de largeur, et de
quatorze à quinze pieds [ 4 à 5 m] de longueur, attachés sur pieds avec appui, pour
reconnetre si ledit pont estoit enfin placé, à quoy j'ay exhorté le nommé Beurier, ci-devant poissonnier, de travailler, comme
étant en sa charge, ce que je n'ay point trouvé avoir esté fait depuis six mois, et lui
aïant parlé plusieurs fois, je n'ay pu avoir de réponse valable, ce qui est refus
formel.
Dont
et de tout ce que dessus j'ay dresé le présent procès-verbal,, pour valoir et être
ordonné par part mondit Seigneur l'intendant, contre les
refusans, ce que de raison. Après j'ay retourné sur les travaux du glaci neuf de Moreaucourt, ou j'ay esté rejoindre ledit Sieur Biart, ainsi qu'il est plus au long porté dans un autre
procès-verbal, et ay signé ( Nerlande
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Pièce
n°6:
feuille écrite recto - verso
(recto) [ en marge: refus
d'obéir par Fricot, syndicq, et trois habitans de l'étoile]
l'an
mil sept cens quarante neuf, le vingt quatre février (24.02.1749)
moy
François Nerlande, officier des eaux et forets de l maîtrise d'Amiens, soussigné, me
suis transporté au village de l'étoile, à l'effet de
vériffier et recevoir les travaux qui ont dub être faits;
aux
fossés et ravins du village susdit et de celuy de Bouchon,
servans d'écoulement aux eaux sauvages qui descendent de Mouflers, lesquels
travaux aïant pour objet de délivrer le païs des innondations annuelles; (lesquels) ont
esté ordonné faits par Monseigneur l'intendant de Picardie et
d'Artois par son ordonnance du vingt
cinq juillet dernier, comme aussi de faire achever la découverte
et le curement d'une fontaine au-dessus et attenant ledit village de l'étoile très
nécessaire au publicq. J'aurois monté au village de bouchon, où aïant esté joint par
le nommé Manier, sindic, j'aurois visitté et examiné, depuis le terroir de Mouflers,
toutes les branches des fossés qui se réunissent, au-dessus dudit Bouchon; à celuy de
l'étoile, et ay trouvé toutes ces parties bien et dûment creusées et éslargies, avec
les talus nécessaires. Pourquoy, j'ay reçus lesdits ouvrages à la décharge des
habitans dudit Bouchon, en lieur enjoignant, de la part de mondit Seigneur l'intendant de
les entretenir dans le même estat où ils sont à peien d'amende.
le
soir survenu, je me suis retiré chez le nommé Beuriez, cabaretier audit l'étoile, où
le nommé Fricot, sindicq dudit lieu m'estant venu trouver, je
luy aurois fait lecture et communication de l'article de l'ordonnance de mondit Seigneur l'intendant, du vingt deux janvier dernier,
portant la fontaine en question sera entièrement découverte et
percée jusqu'à eau vive, en luy pratiquant, creusant et eslargissant son ancien fossé
d'écoulement, par lesdits habitans de Bouchon, conjointement avec ceux de l'étoile,
et par proportion. De laquelle ordonnance, le luy aurois même donné coppie par extrait
et sous ma signature, ainsi qu'audit Manier, sindicq de Bouchon,
pour qu'ils n'en puissent prétendre cause d'ignorance.
et le lendemain vingt cinq, après visitte et examen des fossés dudit l'étoile, ainsy qu'il
résulte de mon autre procès-verbal, je me suis transporté au bout du village, au pied
de la montagne ditte le camp César, avec ledit Fricot et où le sindicq dudit Bouchon
s'est rendu, et les avis pris des principaux habitans dudit l'étoile (verso) présents,
qui m'ont dit avoir vu cette fontaine, et si abondante que six à sept femmes à la fois y
lavoient leur linges dans son ruisseau. Et, après avoir fait d'abondant lecture de
l'article de l'ordonnance ci-dessus, j'ay tracé et désigné avec la circonférence et le
talu à donner à laditte fontaine, avec indication du
point du milieu où elle sourçoit. Et sur le champs, les deux sindicqs et habitans
présents sont convenus amiablement d'y faire travailler incessanment, et de
commettre par chacun jour, sçavoir huit hommes de l'étoile pour creuser, et six hommes
de Bouchon pour faire les desblais, ensemble aux fossés qui en dépendent, tant et
jusqu'à ce que l'eaue vive paroisse et qu'elle puisse couler aisement.
Après
quoy, j'aurois esté au château de l'étoile, parler au Seigneur
(Langlois de Calonne) dudit lieu au sujet de la planche, qu'il doit faire poser
conjointement avec le Sieur Pingré de Fricamps, proche de la Somme sur le fossé du
Moulin-Bleu pour le passage des haleurs, où estant à conférer, ledit Fricot sindicq m'y seroit venu trouver au bout d'une heure avec les deux où
trois habitans et m'aurois dit, en présence
dudit seigneur et de sa dame, avec hauteur et menaces, que j'eusse à lui montrer mes
ordres ajoutant que je n'avois aucun, et lui aïant répondu que le lui avois montré et
la veille et aujourd'huy, publiquement à l'endroit de la fontaine, qu'il en avoit une
copie sous ma signature, et que ci-devant il ne m'avoit jamais fait pareille question, il
m'a répliqué qu'il ne feroit point travailler, et est sorti comme un furieux, ce que
j'ay pris pour refus, où plutôt pour une désobéissance formelle à l'ordonnance de
mondit seigneur l'intendant. et pour être sur ce pourvu, j'ay adressé le présent
procès-verbal, et ay signé, étant revenu à Amiens le vingt six desdits mois et an.
(signé) Nerlande
(
en marge des trois derniers paragraphes, o, lit: 1er note; 2e nota;
3e nota
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pièce
n°7 feuille écrite recto - verso
[recto]
En marge: perfection des travaux qui mettent la vallée de
l'étoile à l'abri des inondations ainsi que celles de
Bouchon et Mouflers
l'an
mil sept cens quarante neuf, le sept mars (07.03.1749) et jours suivans, en vertu de
l'ordonnance de Monseigneur l'intendant de Picardie et d'Artois du 25 juillet dernier, et
d'autres subséquentes, au sujet des fossés d'écoulement aux eaux sauvages depuis Mouflers jusqu'à la Somme, coulans et passans par les
terroirs et villages de l'éstoile, rendus aux fins de
metre ces fossés d'une largeur et profondeur suffisantes pour délivrer cette vallée des
inondations annuelles qui la dégradoient et causoient des dommages considérables aux
terres riveraines moy, François Nerlande, officier des eaux et
forets de l maîtrise d'Amiens, soussigné, chargé des travaux ci-dessus, après
plusieurs voïages par moy ci-devant faits pour les tracer et diriger, me suis enfin
transporté avec le sieur Dorville, cavalier de la mareschaussée
à la résidence d'Amiens, au village de l'étoile. la partie de Bouchon, et au
dessus aïant esté finie et achevée ainsi qu'il résulte de mes precedens procès
verbaux, ou estant et aïant d'abondant visitté et reconnu que
par un esprit de désobéissance, il se trouvoit encor des parties de fossés à
parachever, tant au principal qui sert à recevoir et faire passer les eaux sauvages qui descendent de Bouchon pour les transmetre jusqu'à la Somme,
qu'au fossé de la fontaine, qui est d'une grande utilité
aux habitans, j'aurois chargé ledit Dorville de l'ordonnance de mondit
Seigneur l'intendant, le lendemain huit mars, laquelle, dattée du vingt deux
février dernier, ordonne l'établissement de garnison chez le
nommé Fricot, sindicq, et trois des principaux habitans de l'étoile, tant et
jusqu'à ce qu'ils aient satisfait et achevé les travaux, et les
condamne aussi en dix livres d'amende solidairement, ce que ledit Dorville auroit
exécuté.
Et,
cependant, lesdits habitans m'étant venus joindre et n'aïant
témoigné qui reconnoissant l'avantage de tous les travaux qui s'étoient jusqu'icy à
leur réquisition, ils étoient prets d'achever ce qui restoit, je me suis d'abord
transporté avec eux vers le bas du fossé neuf, du coté de la Somme, où il restoit
encore deux bancs qui le baroient, [verso] ils y auroient sur le champs commis ouvrier.
Après
quoy, j'aurois remonté le fossé jusqu'à la rue qui sert de
chemin de bas à Abbeville, où il est question de travailler à enlever un bout de
terrin pour donner une ouverture suffisante à cette partie de fossé, ce faisant,
prolonger de trois pieds la planche qui sert de passage, ce que les habitans m'ont encore
promi de faire exécutter en dedans le jour; transporté ensuite
vers Bouchon, à un angle saillant du
ténement au nommé Ansel, qu'il a négligé de couper sur
trois à quatre pieds. Lesdits habitans se sont encore obligés et soumis d'y commetre
ouvriers dans le jour, ou y faire comettre par ledit Ansel; et enfin revenu au fossé de
la Fontaine où j'aurois trouvé les courvoïeurs, je leur aurois indiqué les talus,
circonférences, directions, largeurs et profondeurs, d'abondant, à observer, tant à lad
Fontaine qu'à son ruisseau de décharge dans le principal fossé, ce qu'ils m'ont tous
promis d'effectuer, au moïen de quoi les travaux ordonnés seront faits et parfaits, et
cette vallée à l'abri de toute inondation.
Et
le surlendemain matin, m'estant encor transporté sur les lieux ci-dessus désignés,; et
des ouvriers aux autres endroits. J'aurois chargé ledit Dorville de rester et de tenir la
main au restant desdits travaux, suivant et conformément, à lad, ordonnance dud, jour
vingt deux février dernier, tant et jusqu'à ce qu'ils soient parfaits, et me suis
retiré, aïant vacqué quatre jours, tant au voïage qu'à la rédaction des présentes,
que j'ay dressées pour servir et valoir ce que de raison, et ay signé [signé] Nerlande.
Et
les unze desdits mois et an, tous les travaux ci-dessus aïant esté bien et duement faits
et parfaits, au moïen de quoy, et en les entretenans, toute cette vallée est à l'abri
des pertes causées par les inondations, ledit Dorville s'est retiré, et à signé avec
moy ces présentes, [signé] Dorville, Nerlande
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Pièce n°8: feuille écrite recto
[recto]
en marge 2 avril 1749
jacques
Bernard Chauvelin, chevalier, conseiller du Roy en ses conseils, maître des requêtes
ordinaires de son hôtel, intendant de justice, police, finances et des troupes.
Vu
les procès verbaux du sieur Nerlande, notre commissaire, en cette partie, concernans les
travaux qui estoient à faire tant à neuf qu'à réparer sur trois mille huit cent toises
[7, 4 km] aux fossés et ravins qui servent d'écoulement aux eaux pluviales et
extraordinaires, lesquelles descendent de mouflers, passent au
travers des terroirs et village de bouchon et de l'étoile, et se déchargent dans la
Somme, à l'effet de délivrer ces vallées des inondations annuelles qui y
survenoient, notanment celuy [ procès-verbal] du sept mars dernier, duquel il résulte
que ces travaux sont faits et parfaits et qu'il y
a tous lieu d'esperer, en les entretenant, que lesdittes vallées ne seront plus exposées
aux mêmes dommages que par le passé, nos ordonnances du 25 juillet 1748 et 22 janvier
1749, tout considéré,.
Nous
ordonnons que lesdits fossés et ravins servans de décharge et d'écoulement aux eaux
pluviales et extraordinaires depuis et compris le village de
Mouflers, traversans ceux de Bouchon et de l'étoile jusqu'à la Somme seront annuellement
entretenus et réparés, sur les direction, largeur et profondeur qui leur ont
esté désignés, par les habitans desdits vilages, les uns et les autres sur leur
territoire, à corvée hors desd, villages, et dans l'intérieur d'iceux et vis à vis les
plants, jardins et mazures par les tenanciers et occupeurs
Ainsi
que la fontaine dudit l'étoile par les habitans de ce lieu,
à peine de six livres d'amende contre chacun particuliers
contrevenant, à la diligence des indicqs, sous l'inspection du sieur Nerlande, que
nous commettons pour en faire la visitte aux mois d'avril et de septembre de chacune
année, et nous rendre compte.
Et
cependant, vu les voïages par luy précédenment faits, les dépenses et les peines qu'il
s'est donné pour avoir désignés, alignés, toisés et mis tous lesdits fossés et
ravins en bon estat, d'où il résulte un grand avantage pour le pays, luy avons alloué et taxé la somme de cent vingt livres, sçavoir celle de quatre vingt livres à payer par les habitans dudit
l'étoile et celle de quarante livres à recevoir des habitans dudit Bouchon, au payement desquelles sommes, les sindicqs et quatre principaux
habitans seront contraints par établissement de garnison d'un cavalier de mareschaussée,
à raison de [ ---] par jour, ce qui sear exécuté nonobstant oppositions ou appellations
quelconques.
Donné
à Paris, le deuxième jour d'avril mil sept cens quarante neuf [02.04.1749] signé en la
minutte, Chauvelin
(
d'autre main; pour copie dont l'original a été remis à monsieur Nerlande, conformément
à Monsieur l'Intendant)
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pièce
n°9:
lettre
double feuille écrite aux rectos, avec quelques annotations de transmission de dossiers
où d'archivage écrites de diverses mains, sur ces rectos et au deuxième verso.
Monseigneur
J'ai
accompagné Monsieur Beffara [ ---)
J'ai
l'honneur de vous envoïer, monseigneur, sept procès-verbaux cy-joints concernans
l'étoile, Bouchon et Mouflers.
Le
dernier, du sept de ce mois, fol° V°, justiffie que tous les travaux sont faits et
parfaits, au moïen de quoy ces vallées sont doresnavant à l'abri des inondations;
C'est
de qui me fait supplier, aïant dépensé au moins cinquante escus [livres] dans les
différens voïages que j'ay faits, de men ordonner le rembours, à raison de deux-tiers
sur les habitans de l'étoile et d'un tiers sur ceux de Bouchon,
d'autant qu'ils se sont plaints eux-mêmes des inondations, qu'ils en ont demandé le
remède, et qu'ils en sentent aujourd'huy tout l'avantage,.
Il
y a même tems lieu d'en ordonner l'entretien, à la vigilance des sindicqs,
Je
joins un modèle d'ordonnance pour ces deux parties.
Et
pour m'éviter de séjourner sur les lieux trois à quatre mois de suite, j'ay sous votre
bon plaisir, Monseigneur, préposé le nommé Beaussard, habitant de l'étoile, pour tenir
la main à ce que désignois et alignois de votre part.
Ce
particulier espère de votre grandeur une petite récompense; son état est avec les
pièces [blanc lire: cy-jointes ].
Quant
à l'amende de dix livres que vous avés prononcée contre le sindicq de l'étoile, ne
sçachant à qui elle doit être remise; Dorville vous dira qu'il l'a reçue;
[f°2].
j'ay déjà eu l'honneur, monseigneur, de vous offrir mes services pour l'inspection des
chemins, en place de l'un des emts qui résider à Péronne.
J'ay
celuy d'être, avec un très profond respect.
Monseigneur
Votre très humble et très obéissant serviteur.
[signé]
Nerlande |