Faits divers

 

Procès de l’abbé Traullé Jean Baptiste, curé de Notre Dame du Châtel à Abbeville

 
- 15 Fructidor An 2: l’abbé Traullé est arrêté du côté de Dompierre ‘ Crécy’, est conduit avec deux compagnons laïques, devant le juge de Paix de Crécy en Ponthieu et est interrogé.
- Il déclare que depuis plusieurs mois, il est rentré des pays étrangers où il s’est retiré pour n’avoir pas voulu prêter le serment, que son intention est de le prêter et de remettre ses lettres de prêtrise, s’il en est encore temps.
- 16 Fructidor An 2: un médecin le visite à la maison dite Cour de Ponthieu à Abbeville, atteste qu’il est atteint de plusieurs graves infirmités : hernies, plaie à une jambe.
- 9 Vendimaire An 3 : l’administration du district d’Abbeville envoie Traullé sous la garde de la gendarmerie à la prison de la conciergerie à Amiens.
- 12 Vendimaire An 3 : l’abbé Jean Baptiste Traullé est interrogé en la salle d’audience du tribunal criminel.
L'abbé: se dit âgé de 64 ans, n’ayant plus de profession, qu’il va de côtés et d’autres, avoue qu’il est allé à l’étranger. Il a du temps ! il a du temps quelques peu !
  ses réponses paraissent incohérentes
- 14 Vendimaire An 3 : l’huissier François Boin, sur ordre de l’accusateur public, conduit l’abbé en prison à la conciergerie
- 16 Vendimaire An 3 : Il est constaté par le tribunal criminel que Traullé donne plusieurs indices d’aliénation mentale et ordonne qu’il soit visité par les médecins.
- 18 Vendimaire An 3 : Nouvel interrogatoire de l’abbé.
l’abbé : je m’appelle Jean Baptiste Traullé, j’ai plus de 60ans, je suis fils de baracanier, étant plus jeune j'ai fait d’estrames….. pour les ouvriers, j’ai même quelques fois à monter sur le métier.
L’accusateur : N’as tu pas fait tes études ?
l’abbé : j’ai été au collége ……
L’accusateur : étant prêtre qu’elle place ast tu occupée ?
l’abbé : j’ai été dans ma famille, j’ai demeuré avec un chanoine, et j’ai été curé.
L’accusateur : sais tu où tu es en ce moment ci ?
l’abbé : non, je ne sais pas trop ce que c’est que ça
L’accusateur : demeures-tu à Abbeville et sais tu la commune dans laquelle tu résides ?
l’abbé : Je sais que j’au du mal dont je ne guéris pas, mais je ne sais pas le local ou je suis
L’accusateur : Pourquoi n’es tu pas resté dans ta maison au lieu d’être ici ?
l’abbé : On l’a vendue, je ne sais pas pourquoi, je vais ou je peux, j’ai vu dans un Psaume "copiosa apud eum redemptio"
L’accusateur : As tu prêté le serment d’égalité et de liberté ?
l’abbé : Je ne sais pas, je n’ai pas entendu parler de cela ; je n’ai pas d’idées, je ne sais pas ;
L’accusateur : Pourquoi mes-tu ton bonnet ?
l’abbé : faut-il le retirer ?
L’accusateur : Je vais t’envoyer en prison, aimes-tu mieux y aller que de rester ici ?
l’abbé : En prison ! en prison ! il n’y a pas de lit ici ! qu’est ce que je ferais ici, il n’y a personne, je n’ai rien fait moi !
L’accusateur : Alors je vais t’envoyer en prison, puisque tu ne veux pas rester ici !
l’abbé : Prison ! ce n’est pas amusant, je n’ai rien fait ! qu’est ce que c’est la prison ?

lecture à lui faite du present interrogatoire et signé

- 28 Vendimaire An 3 : deux médecins visitent Jean Baptiste Traullé et attestent qu’il est dans l’aliénation la plus complète.
- 28 Brumaire An 3 : le citoyen Fréchon, officier municipal d’Abbeville, cousin issu-germain de Jean Baptiste Traullé, actuellement détenu à la conciergerie, expose qu’il a appris par la voix publique, l’état d’imbécillité de Jean Baptiste Traullé, arrêté comme prêtre émigré ou sujet à la déportation, et qu’il sait que les juges du tribunal criminel ont ordonné d’en référer à la convention pour savoir s’il faut ou non instruire le procès de Traullé mais que l’affaire peut traîner et qu’il demande qu’il soit transféré dans une autre maison où il pourra recevoir des secours…. "qu’il est certain que l’air infect qu’on respire à la conciergerie, ne peut qu’influencer beaucoup sur sa santé et accentuer ses maux".
  - 30 Brumaire An 3 : Le médecin en chef des hôpitaux militaires certifie que Traullé doit être conduit dans une autre maison "plus saine que celle où il est et où il pourrait plus facilement recevoir les secours que son état exige".
 2 Frimaire An 3 : Le tribunal criminel ordonne de transférer Traullé à la maison des Carmélites ou il meurt dans la nuit du 20 au 21 février 1795.

- tiré des études diverses d'histoire religieuse du diocèse d'Amiens de l'Abbé Olive

- manuscrit 497: bibliothèque des Antiquaires de Picardie - Amiens

 

Mai 1471
Village de Caumartin département de la Somme
Pierre de Beaugrand dit 'Monseigneur' tue Leuvin Lenglés, meutre commandité par la femme Lenglés, Colaie Boudard
Colaie Boudard est arrêtée, elle est conduite du village de Caumartin à la prison de Crécy en Ponthieu ou elle est enfermée quatre jours, elle est, ensuite, emmenée et internée à la prison du Comté de Ponthieu à Abbeville.
Son procès se déroule, elle est condamnée a être brûlée vive.
A la bibliothéque des Antiquaires de la Somme est conservé un document concernant les dépenses occasionnées par l'arrestation, le transport, le procès et les matériaux pour la réalisation de l'exécution de la sentance
Jehan, seigneur d'Yaucourt, de hallencourt ed de Lyommers, chevalier, lieutenant général, commis en Ponthieu par notre redoubté seigneur, Monseigneur le Duc de Bourgongne et Monseigneur le le sénéchal, Gouverneur dudid Ponthieu,
à Jehan du Lo, did le Gaigneur, receveur général de la Comté dudid Ponthieu, ou a son lieutenant, salut, Bailly et de délivrez les deniers de votre recepte, les sommes parties pour les causes ed aux personnes qui ensuivent, qui ont esté par nous tauxées pour le apprehension et execution de la personne de deffincte Colaie Boudard ou temps de sa vie femme de feu Leuvin Lenglés, demeurant à Caumartin qui avoit esté murtry et ochis a la requestre de sa dite femme pour ung nommé Pierre de Beaugrand dit 'Monseigneur
-et premierement pour ce qui incontinent ledid car advenu le lieutenant du Bailly de Cressy et en sa compagnie deux hommes liges, le substitut du procureur ed le clerc dudit Baillage se transportèrent en icelle ville de Caumartin ou ils en firent information et ce fait prirent la dite Colaie et le menerent prisonniere audit lieu de Cressy, ausquelz avons tauxé a chacun sept solz
- item pour les depens de la dite Colaie qui fut prisonniere es dites prisons de Cressy pour quatre jours
- item audit lieutenant, pour avoir vaquire pour deux jours avec d'autres officiers dudid Cressy à amener dudid lieu en cette ville d'Abbeville la dite Colaie, prisonniere au Châtel de Ponthieu, pour chacun jour: douze solz
-item audit subtitut pour semblable cause
- item audit hommes liges, a chacun seize solz et a deux sergents dudid Baillage pareille somme
- item a Hugues Doré, maressal, pour avoir fait deux caynes de fer conten(ans) chacune une branche de long, six gros crampons, une fourque  à picquof devant deux agrapes rabatuer et par la hanse d'icelle fourque servant au maistre de la Haute Oeuvre, pour tous
-i tem pour ung loucher
- item pour une sellette et une estaque
- item pour ung cent de grans fagos
- item pour deux cens de grosse laigne secque et pour les poteurs qui ont menes et chargié ledit bos et pour demi cent de garbées
- item a jehan Goduin et Jehan Dupuch pour leurs cars qui ont servis à mener icelluy bos au lieu de la dite execution, a chacun 5 solz
- item ou ung nommé Gilles Carton pour sa carette sur laquelle ladite Colaie a ete menée à la justice cinq solz 
- item au prêtre confesseur cinq solz 
- item a jehan Blonie, geolier des dites prisons du Ponthieu, pour avoir gardé ladite Colaie en icelles prisons pour dix jours, sund a dix huit denier poin jour; a lui, pour feu a rechauffer ladite Colaie en gehine(sie)
- item pour carbon qu'elle a eu ne dittes prisons
- item a lui pour prest par lui fait pour le dejeuner de ladite Colaie, d'icellui confesseur du Maistre de la haute Oeuvres et autres
- item a lui pour avoir fait garder de la nuiyd et par notre ordonnance la prison ou estoit ladite Colaie, qui n'entois point sceure, par ce les gens de guerre le avoient rompu, durand lequel temps l'en y ouverois
- item a Colard Labbé, Maistre de la haute Oeuvre de la ville de Monstroeuil, pour lui et pour son varlet, ed marchie fait
- item pour la despense faite par les conseillers du siège de la ditte senechaucie, au retour de la ditte execution
-item aux sergents  pour pareille cause moutend toutes les dites parties a vingt livres quatorze solz, monnoie courant de XI gros de flandres pour chacune livre, laquelle somme, nous vous promettons faire deduire et alouez en voz comptes avec les autres miser que faites cuirez
Donné en temoin eg de ce soulz, notre seul, le dixieme jour de mai
l'an mil quatre cent soixante et onze
( original parchemin scellé)
manuscrit 78 - René de Belleval " Antiquaires de Picardie"

 

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